Sophie Pavillard, au cœur de la création

Sophie PavillardCe billet est un hommage à une personne discrète. C’est à l’entourage de se faire son porte-voix, et de dire tout haut ce qu’elle n’oserait même dire tout bas.

Elle s’appelle Sophie Pavillard, et cultive des talents multiples. Musicienne, danseuse, conteuse, elle excelle aussi dans l’art de l’accompagnement. Elle sait guider les conteurs, sans leur imposer aucune parole, mais en les poussant au bout de leur expression.
Difficile de guider des conteurs. On se braque, on refuse, on ne partage pas nos visions, on ne veut surtout pas de mise en scène, et pour finir, on sait mieux que quiconque.

C’est une gageure que d’accompagner le mouvement d’un conteur, avec le tact d’un chorégraphe qui effleure à peine un bras pour orienter un mouvement. Il est difficile de se mettre dans son pas, d’épouser sa musicalité, de l’apprivoiser pour le pousser plus loin. La force, toute en finesse, de Sophie Pavillard, est à la fois dans son écoute très subtile, et dans son accompagnement ferme.
Elle est comme avec une veilleuse, une bienveillante, qui ne laisse pourtant rien passer, rien de flou ni d’approximatif. C’est une présence comme un ange dont l’aile rassure et permet d’aller, toujours plus loin, dans le grain du motif ou la justesse d’une expression. Elle connaît très bien l’art du conte, et exige d’être intéressée, passionnée à chaque instant. Cette attention décuple l’effort du conteur, multiplie son expression. Cette expression du conteur soulève alors des ardeurs comme des lames de fond, répercute les symboles au fond de sa conscience, brasse avec le conte ses images refoulées, ses émotions oubliées, ses plages d’enfance. Sophie amène à rouler toute sa mémoire comme une grande lessive, afin de donner aux images vie et couleur.

Le conte est un jeu, ou une ascèse, un art épuisant, ou simple, ludique, rafraichissant. Tout dépend du conteur.
Sophie en nous accompagnant, nous fait en rencontrer toute la palette.

Nathalie Leone

Sophie Pavillard, maïeuticienne

Metteur en scène et comédienne, chanteuse et diseuse, musicienne et conteuse, Sophie Pavillard est aussi spécialiste de la littérature occitane médiévale : son spectacle Un vent d’aubépine exalte le jaillissement du joi et l’érotique de la fin’amor par le biais de la langue des poètes occitans et poétesses occitanes du XIIe siècle : trobadors et trobairitz. Avec un bonheur croissant, cette artiste polyphonique se dédie à la maïeutique, accompagnant et guidant les conteurs dans la mise au monde de leurs spectacles, avec douceur et exigence. Elle a travaillé notamment avec Sylvie Vieville (La Vieille qui tricotait des bulldozers ; Balade au bout du monde) et Nathalie Leone (Vie et presque mort de Daniel Liebevich ; Heureux, malgré tout et La Seconde chance de Camélia Huppe).

Contact : sophie[point]pavillard[chez]gmail[point]com

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