le Théâtre du Conte Amer

Compagnie-Théâtre du Conte Amer, 1986

Ils m’ont fait travailler le théâtre classique français, qui est pour moi d’abord une langue, un miel de bouche…

Au milieu des années quatre-vingt, après ma formation de comédienne, je joue au sein du Théâtre du Conte Amer.

Cette compagnie théâtrale, fondée et animée par Ophélia Teillaud et Marc Zammit joue alors des pièces de Molière, Racine, Marivaux, Musset, Marguerite Duras… En 1985, elle crée un spectacle sur les Chants de Maldoror d’Isidore Ducasse.

Puis leur aventure continue, et j’ai poursuivi la mienne.

  • une jeune compagnie de théâtre

Ophélia Teillaud, Andromaque, mise en scène Marc Zammit, 1992 - photo Daniel CandeJ’ai connu Ophélia Teillaud et Marc Zammit au théâtre de Colombes, en 86, je crois. Ils ont été mes premiers initiateurs à la scène.

Ils m’ont fait travailler le théâtre classique français, qui est pour moi d’abord une langue, un miel de bouche, à laquelle ces deux artistes ont su me rendre sensible.

Je me souviens en particulier d’un jour où nous travaillions une scène de tragédie, Phèdre, je crois. Ophélia nous a fait écouter une version de la pièce déclamée par Alain Cuny. Il parlait presque sur le souffle, avec une intensité douce et magnétique. En particulier, il « respirait » ces fameux « Ah !», qui me posaient tant de problèmes. « Ah ! Madame, je vous trouve », ou « Hippolyte aime, Ah, je n’en puis douter… ». Ces « Ah !», qui sont le calvaire de l’élève, font ensuite les délices de l’acteur averti, car c’est là qu’il peut moduler une expression qui vient directement du cœur. Les « Ah !» d’Alain Cuny, longuement expirés, vécus jusqu’au bout, m’ont émue aux larmes, et nous avons travaillé ensuite dans ce sens.

J’ai pu jouer, avec la compagnie du Conte Amer, dans L’âne et le ruisseau de Musset, et Le petit maître corrigé de Marivaux. Ces aventures ont été chaque fois passionnantes et je recommande de suivre leur travail.

  • un laboratoire et un lieu d’expérimentation

Marc Zammit, Andromaque, mise en scène Marc Zammit, 1992 - photo Daniel Cande

Ophélia Teillaud et Marc Zammit, artisans voltigeurs des planches depuis plus de trente ans, ayant notamment travaillé à maintes reprises sur des textes poétiques : Lautréamont, François Cheng, Mahmoud Darwich. Toujours demeurés dans une certaine confidence, ils se sont faits connaître du grand public en 1991 en créant Andromaque au Théâtre de Chaillot (avec Didier Sandre et Sabine Haudepin).

Se définissant comme un « Laboratoire de l’acteur et du spectateur », le Théâtre du Conte Amer se présente ainsi sur son site : « Spectacles, performances, chantiers de création, évènements transdisciplinaires, installations, lectures, ateliers, sensibilisations… le Théâtre du Conte amer relie sa démarche de création à toutes les rencontres qu’elle peut susciter… et réciproquement ».

Le petit maître corrigé, de Marivaux

Les deux pièces jouées par le Théâtre du Conte Amer pendant la saison 2011-2012 sont Phèdre de Racine et le Malade imaginaire de Molière.

Nathalie Leone

  • En savoir plus sur le Théâtre du Conte Amer

L'âne et le ruisseau, Alfred de Musset

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Images :
– Théâtre du Conte Amer
– Bibliothèque numérique Gallica :
Andromaque de Racine im.53 im.85
Citation :
Article du 9 février 2012, dans Les chroniques d’un ouvreur, [page non archivée]

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